
La Deuxième Conférence internationale sur le changement climatique et le tourisme « engage instamment l’ensemble du secteur touristique à prendre des mesures pour faire face au changement climatique, un des plus grands défis du XXIe siècle menaçant le développement durable et les objectifs du Millénaire pour le développement ». La Déclaration de Davos présentée à la clôture de cette conférence souligne que « dans le cadre en pleine évolution des Nations Unies, le secteur du tourisme doit réagir rapidement à la modification du climat s’il veut connaître une croissance durable ».
Un secteur qui contribue de plus en plus au réchauffement climatique
Cette conférence de trois jours, qui s'est achevée le 3 octobre, aura été l'occasion de traiter du défi mondial de la modification du climat et des mesures du secteur touristique sous les angles tant de l’adaptation des destinations que de l’atténuation de son propre impact sur ce phénomène.
En effet, Selon l'OMT, environ 842 millions de voyages ont été effectués dans le monde l'an dernier et le nombre de voyages internationaux devrait atteindre 1,5 milliard en 2020. Les transports, le logement et d'autres activités touristiques comptent pour 4 à 6% du total des émissions de gaz à effet de serre, selon le rapport onusien. Un peu moins des trois-quarts des émissions de gaz à effet de serre produits par le tourisme proviennent des transports - 40% des transports aériens et 32% des automobiles - et 21% du logement. La croissance continue du secteur pourrait conduire à une augmentation de 150% de ses émissions de gaz dans les 30 prochaines années.
Le Sous-Secrétaire général de l’OMT, Geoffrey Lipman, y a affirmé : « Nous savons que, s’agissant du changement climatique et de la pauvreté, les solutions sont étroitement liées. Ici, à Davos, le secteur du tourisme s’est engagé à adopter dès à présent une position stratégique à maintenir dans la durée, ainsi qu’à apporter de la sorte sa contribution à la feuille de route mondiale du Secrétaire général de l’ONU pour la Conférence de Bali sur le changement climatique à la fin de cette année. Nous quittons Davos plus optimistes quant à notre avenir après être parvenus à un accord pour renforcer la durabilité essentielle de notre capacité de réaction dans les quatre domaines économique, social, environnemental et climatique. »
Cet engagement requiert du secteur touristique des mesures pour :
- limiter ses émissions de gaz à effet de serre (GES), que causent tout particulièrement les transports et les installations d’hébergement ;- adapter les entreprises et les destinations touristiques à la modification des régimes climatiques ;- appliquer les techniques existantes et nouvelles pour améliorer le rendement énergétique, et- se procurer des ressources financières pour aider les régions et pays pauvres.
Le chef de l’unité Tourisme du PNUE, Stefanos Fotiou, a souligné combien la conférence avait prouvé « que le secteur du tourisme est confronté au défi du changement climatique et qu’en même temps, il contribue d’une façon non négligeable aux émissions de gaz à effet de serre. Elle a aussi démontré que, moyennant une démarche plus intelligente de développement mieux géré, le tourisme peut aider à faire reculer la pauvreté dans les pays en développement, réduire sa propre empreinte carbone et participer à la protection des ressources naturelles et reposant sur la nature. Bref, le tourisme a un rôle potentiellement très important et très positif à jouer pour relever à notre époque les défis fondamentaux de la durabilité. »
Destinations ne libérant pas de carbone
Les professionnels du tourisme doivent se préparer à un éventuel changement de la demande touristique qui réagirait ainsi à la modification du climat. Les transports étant un des sous-secteurs contribuant de la façon la plus évidente au réchauffement du globe, l’accroissement de la prise de conscience des touristes pourrait les amener à se détourner du tourisme lointain et à préférer les destinations à courte distance. Or, cette redistribution des flux risquerait de nuire aux pays les moins avancés, dont la plupart dépendent énormément des recettes touristiques. En effet, 46 des 49 pays les plus pauvres du monde comptent sur le tourisme international comme principale source de rentrées de devises.À la conférence de Davos, le Sri Lanka a annoncé avoir pris l’initiative « Le Sri Lanka sans émission nette de carbone, poumon de la Terre ». Cette mesure politique concrète est un compromis qui jette un pont entre la sensibilisation à l’environnement et le potentiel qu’a le tourisme de favoriser le développement.
Petit pays tributaire des voyages sur de longues distances pour obtenir des recettes touristiques, le Sri Lanka affronte le défi du changement climatique en ayant pour objectif de devenir la première destination sans émission nette de carbone. Comme ses forêts tropicales peuvent piéger de grandes quantités de carbone qui autrement s’ajouteraient au CO2 de l’atmosphère, il aspire à être un poumon de la Terre dans le domaine du tourisme.
Vu son engagement en faveur de tout un éventail d’activités en matière d’UTCATF (utilisation des terres, changement d’affectation des terres et foresterie) associées à des programmes adaptés de compensation des émissions de carbone, « cette initiative a une valeur à la fois réelle et symbolique et nous espérons que d’autres pays et d’autres acteurs du tourisme rejoindront la communauté des poumons de la Terre pour mettre en place un cadre mondial qui contribuera à l’action d’ensemble des Nations Unies face au changement climatique », a dit le Sous-Secrétaire général de l’OMT, Geoffrey Lipman.
Pour une troisième conférence sur le changement climatique et le tourisme
La conférence de Davos a demandé à l’OMT de renforcer cette méthode d’action en collaboration avec le PNUE et l’OMM et de convoquer, quand il conviendra dans l’avenir, une Troisième Conférence sur le changement climatique et le tourisme pour examiner les progrès accomplis, maintenir les niveaux d’action et définir les nouveaux besoins et les nouvelles dispositions à prendre.
Quant au Sous-Secrétaire général de l’OMM, Jeremiah Lengoasa, il a dit : « Alors que le climat est bien une ressource précieuse essentielle à l’activité touristique, il ne faut pas sous-estimer le fait que la modification du climat et les risques qu’elle entraîne peuvent avoir des conséquences pour l’infrastructure, les populations, les réseaux financiers et les écosystèmes qui sont vitaux pour le succès du tourisme à tous les échelons. L’OMM invite instamment les gouvernements et les professionnels à renforcer les partenariats sur les liens entre le climat et le tourisme, à bien utiliser les informations et les prévisions en matière de climat que fournissent les Services météorologiques et hydrologiques nationaux et à incorporer les facteurs climatiques dans les politiques et plans de développement et de gestion du tourisme de façon à assurer l’avenir durable du secteur. »
La Déclaration de Davos et les résultats de la conférence serviront de point de départ aux débats du Sommet ministériel de l’OMT sur le tourisme et le changement climatique, prévu
le 13 novembre prochain à Londres, au Royaume-Uni, à l’occasion du World Travel Market. Ils seront soumis pour adoption à l’Assemblée générale de l’OMT, dont la session se déroulera du 23 au 29 novembre à Cartagena de Indias, en Colombie, et ils seront également présentés à la Conférence des Nations Unies sur le changement climatique, qui se tiendra en décembre à Bali, en Indonésie.
IL FAUT REAGIR VITE !